Mickaël : "C’était comment, avant, quand je suis né ? Dis, maman, explique-moi comment je suis né.
Ces questions, tous les enfants se la posent. Mais moi, je me les posais avec angoisse. Cela s’embrouillait dans ma tête.
Je n’avais pas été dans le ventre de ma maman adoptive...
Papa, qui es-tu ?
Maman, qui es-tu ?
Et moi, qui je suis ?...
Maintenant que j’ai grandi, je peux arriver un peu mieux à comprendre ce qui se passait dans ma petite tête enfantine.
Je me souviens, ce qui me rassurait le plus, c’était quand mon père venait vers ma mère. Il la prenait par la taille. Et ils se regardaient tous les deux. Je me disais : « Comme ils s’aiment ».
Curieusement, je ne me sentais pas exclu. Au contraire. Je pense que je sentais confusément ce qui s’était passé au moment de ma conception.
Un jour, mon père biologique a vu ma mère biologique. Elle était belle. Il l’a désirée.
Elle aussi, elle l’a trouvé beau. Ils se sont aimés.
Et moi, j’ai été le fruit de cet amour.
J’existe parce que mon père biologique et ma mère biologique se sont aimés.
Les questions confuses qui se brouillaient dans ma petite tête trouvaient lentement et inconsciemment une réponse parce que la structure de ma famille d’origine se superposait à la structure de ma famille adoptive.
J’avais été conçu par un homme et une femme, et j’étais élevé par un homme et une femme. Je pouvais exister. "
L’esprit initial de l’adoption est de permettre idéalement à un enfant de retrouver une situation identique à celle qu’il a perdue. C’est donc un don généreux que font un homme et une femme acceptant de prendre la responsabilité, au risque même -malheureusement assez fréquent et douloureux- d’être rejetés au moins partiellement et temporairement, afin d’offrir une famille de substitution à des enfants orphelins ou abandonnés qui en ont besoin.
Les couples homosexuels veulent être des parents comme les autres.
L’affirmation de la liberté n’implique pas la négation des limites.
Pour vouloir il est nécessaire d’être et de pouvoir. Prendre son rêve pour la réalité relève de la psychose.
Parents signifie père et mère. La paternité et la maternité ne sont pas la « parentalité ».
Ce mot forgé pour l’occasion dissocie la parenté du corps. Or le terme de parent n’est pas neutre. Il est sexué.
Le père et la mère ne sont pas seulement une référence psychologique, affective, culturelle ou sociale.
Une femme ne peut pas, même si elle le veut, être un père ou un homme être mère.
Etre père ou être mère n’est pas seulement jouer un rôle, seul ou dans un couple.
Le père est celui qui a désiré une femme et s’est uni à elle. De cette union est né ou a été voulu un enfant.
Une mère est une femme qui a désiré un homme et s’est unie à lui.
Conception, gestation, naissance, déterminent une relation qui fait d’un homme un père et d’une femme une mère.
C’est la femme qui fait l’homme père. C’est l’homme qui fait la femme mère.
Le père et la mère sont des êtres définis par une relation qui n’est pas seulement une relation de raison. Cette relation est faite de chair et de désir.
Même dans le cas de l’adoption. C’est le désir et l’union amoureuse des époux qui fait d’eux des parents adoptifs.
L’enfant est aussi un être de relation. Il existe dans et à cause de cette relation. Il est engendré.
Personne n’est « fils » ou « fille ». Nous sommes tous fils de... et fille de...
Que les parents aient explicitement désiré l’enfant, que la femme ait été ou non consentante, ne change rien à cette réalité. La symbolisation et les rôles éducatifs s’enracinent dans cette relation existentielle. Cette relation est première, constitutive de « l’être enfant », « l’être père », « l’être mère ».
Les couples homosexuels ne sont pas et ne peuvent pas être des parents - pères et mères car l’enfant ne peut pas se concevoir issu d’un seul corps.
Lorsque c’est le cas c’est source de psychose profonde. Pour grandir l’enfant a besoin d’être en relation avec un corps masculin et un corps féminin.
Le père et la mère peuvent être homosexuels, ils ne peuvent pas être homosexués.
Un couple homosexuel peut éduquer un enfant avec plus de tendresse et d’amour qu’un couple hétérosexuel. Une orientation sexuelle ne détermine pas une aptitude à élever un enfant.
Les parents ne sont pas que des éducateurs. L’amour ne suffit pas non plus. Il peut même être étouffant ! Toute l’affection du monde ne peut produire les deux structures de base de la personnalité : la différence des sexes et la différence des générations.
Ces structures psychiques profondes sont en lien direct et très étroit avec notre origine. Elles sont nécessaires au développement de l’enfant. Se croire ou se vouloir né d’un seul sexe cause une psychose profonde.
L’identité homme femme ne se limite à des caractères masculins - féminins ou à des « stéréotypes ». L’identité sexuelle ne se limite pas à des traits psychologiques.
Elle s’enracine dans le corps et la génération : être femme c’est être née d’un même corps que le sien. Etre homme c’est être né d’un corps différent du sien. La filiation s’inscrit dans cette dualité et cette relation d’origine.
Dans la personne de son père l’enfant ne voit pas seulement du « genre » masculin. Il voit celui qui a désiré sa mère. Dans sa mère il ne voit pas que du « genre » féminin. Il voit celle qui a désiré son père. Quand il n’a pas accès à cette réalité, l’enfant est fragilisé au point de tomber, parfois, dans la psychose.
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